Vous êtes dans : Accueil > Autres compétences > Archéologie > Le jardin de l’archevêché passé au crible

Le jardin de l’archevêché passé au crible

Fouilles au jardin de l'Archevêché

Du 11 au 18 juillet 2016, le service Archéologie préventive de la Communauté d’agglomération Bourges Plus a réalisé une campagne d’évaluation du potentiel archéologique dans le jardin de l’Archevêché de la Ville de Bourges.

Prescrite par la Direction régionale des affaires culturelles (DRAC Centre), cette étude est réalisée en partenariat avec des historiens et géophysiciens de l’Université Paris 6 ainsi que des géotechniciens du Conseil départemental du Loiret (45).

Réalisées grâce à une approche non destructive, les recherches ont pour objectif de trouver les traces des fortifications gauloise, antique et médiévale dans cette partie de la ville.

Porté par le service d’archéologie préventive de Bourges Plus, le projet « Évaluation du potentiel archéologique de Bourges » concerne le secteur des jardins de l’Archevêché et permettra de répondre à la fois à des questions historiques et constituera une zone test pour appliquer les techniques innovantes du service archéologie en matière d’évaluation du gisement archéologique.

Le coût global de l’opération s’élève à 7 268,32 € HT et pourra, en partie, être couvert par une subvention.

Le projet : évaluation du potentiel archéologique de Bourges

Caractéristiques du projet

► Diagnostiquer les Jardins de l’Archevêché grâce à trois approches non destructives :

-       l’étude documentaire,

-       la prospection géophysique,

-       la prospection géotechnique.

 

► Objectif : reconnaître le toit du substrat, l’épaisseur et la nature de la stratification, dans une zone fortement urbanisée depuis 2600 ans, sans pratiquer d’excavations archéologiques.

 

► Les méthodes utilisées permettent :

-       de ne pas causer de destruction du sous-sol, comme peuvent engendrer des sondages de fouilles classiques,

-       de tester la présence de certaines structures d’ampleur sur le site (terrasses antiques, tracés des systèmes défensifs gaulois, antique et médiéval, etc.).

Évaluer le « sol urbain »

Entre le sol géologique et le sol actuel, l’épaisseur du dépôt archéologique se compte en mètres. Ce « sol urbain » est constitué de l’accumulation sur place et progressive des déchets produits par les activités humaines, depuis les premières installations [c’est le principe « d’exhaussement », qui a prévalu jusqu’au milieu du 20ème siècle, période à partir de laquelle les déchets de tous types ont commencé à être évacués hors de la ville].

 Dans les zones urbaines occupées de façon dense et permanente, l’épaisseur du sol urbain peut atteindre entre 6 et 10 m. Dans les Jardins de l’Archevêché, ce sol atteint jusqu’à 6,5 m d’épaisseur, ce qui signifie que le niveau sur lequel nous marchons est situé plus de 6 m au-dessus du substrat calcaire.

Afin d’estimer l’ensemble du volume de sol urbain jusqu’au niveau naturel, il convient d’utiliser des méthodes d’investigation permettant de sonder profondément.

Les méthodes

Ce projet se compose de trois étapes, réalisées au cours du mois de juillet 2016 :

1ère étape • une étude documentaire, à partir de sources diversifiées [planimétriques, iconographiques, écrites et archéologiques]

2ème étape • une campagne de prospection électrique et électromagnétique

3ème étape • une campagne de prospection géotechnique [grâce à l’outil PANDA®

 

1ère étape : l’étude documentaire

L’étude documentaire permet d’établir un premier bilan des connaissances historiques sur le quartier.

 

 

 

Dans le cas des Jardins de l’Archevêché, il s’agit par exemple de confronter les sources archéologiques, iconographiques et planimétriques concernant le tracé de l’enceinte médiévale (12ème s.), aujourd’hui enfouie, pour localiser au mieux son tracé et sa configuration (largeur de la courtine, localisation et forme des tours, orientation, géométrie de la porte Bourbonnoux, …).

La réalisation des prospections géophysique et géotechnique permettra de tester ces hypothèses.

 2ème étape : la prospection géophysique

La prospection géophysique est un moyen de cartographier la géométrie du sous-sol. Elle est mise en œuvre avec l'hypothèse que les structures présentes (dans notre cas des vestiges archéologiques) possèdent un contraste de propriété physique (résistivité électrique, densité…) qui pourra être mesuré.

Comme l'imagerie médicale pour le médecin, la cartographie par prospection géophysique permet de compléter les informations disponibles pour les archéologues.

La prospection géophysique possède des applications dans de nombreux domaines allant de la physique du globe à l'étude des pollutions en passant par la recherche de gisement minier ou pétrolier potentiel.

Dans le domaine de l’archéologie, l’information apportée nécessite d'être complétée par d'autres documents allant des écrits et plans anciens à d’autres méthodes d’évaluation.

3ème étape : la prospection géotechnique

La prospection géotechnique est complémentaire aux autres méthodes utilisées par les archéologues.

Elle permet de mesurer la compacité du sous-solà l’aide d’un pénétromètre dynamique léger PANDA®. [La méthode consiste à enfoncer des tiges en acier à coup de marteau. Pour chaque coup de marteau, on obtient une mesure de la compacité des sédiments traversés. Les mesures représentent la résistance de pointe (QD) exprimée en mégapascal (MPa) en fonction de la profondeur].

L’outil a l’avantage de pouvoir être utilisé sur de petites surfaces, avec des accès restreints. Il permet d’estimer l’épaisseur de « sol urbain » sur de grandes profondeurs et de proposer des hypothèses sur la nature des couches stratigraphiques ; celles-ci pouvant ensuite guider la fouille ou être comparées à d’autres prospections effectuées dans le secteur.

Cette méthode a été utilisée dans différentes villes et, notamment à Bourges lors d’une fouille préventive (ZAC Avaricum) et de multiples diagnostics archéologiques, pour repérer des vestiges archéologiques enfouis et évaluer l’épaisseur de « sol urbain », là où aucune fouille n’était possible. C’est pour cette raison que cette approche est appliquée dans les Jardins de l’Archevêché.